La convention USF 2026 a souligné que la souveraineté numérique dans l’univers SAP demeure un défi majeur pour les DSI, spécialement au sein des PME et ETI. À Strasbourg, les discussions ont tourné autour de plusieurs axes essentiels :
- Le retard de plus de deux ans pour disposer d’un ERP SAP qualifié SecNumCloud,
- La nécessité d’équilibrer les contraintes légales, la conformité et les coûts,
- Le virage stratégique de SAP vers une souveraineté numérique renforcée, notamment via des partenariats européens.
Ce contexte invite les responsables informatiques à placer la gestion des données, la cybersécurité et les infrastructures IT au cœur de leurs stratégies digitales. Explorons ensemble les enseignements majeurs de cette convention, qui dessinent les perspectives et défis des DSI dans le cadre d’une transformation digitale responsable et souveraine.
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Table des matières
- 1 Les enjeux de souveraineté pour les DSI à la convention USF 2026
- 2 La stratégie SAP face aux exigences de souveraineté numérique
- 3 Arbitrages concrets pour les PME et ETI dans leur stratégie informatique
- 4 Préparer son infrastructure IT à la souveraineté numérique SAP d’ici 2028
- 5 À propos de l'auteur
Les enjeux de souveraineté pour les DSI à la convention USF 2026
Lors de la 35ème édition de la convention USF, le président Gianmaria Perancin a posé une question qui résonne fortement auprès des DSI : « Jusqu’où sommes-nous prêts à dépendre des autres ? ». Ce questionnement a mis en lumière une préoccupation partagée : près de deux tiers des participants déclarent être concernés par la souveraineté numérique, en raison de contraintes légales pour 31 % d’entre eux et de la pression géopolitique pour 32 %. Cette double source de motivation a révélé que les entreprises ne veulent plus choisir entre protection et innovation, mais les intégrer pleinement dans leur transformation digitale.
Ce constat est illustré par l’attente prolongée d’un ERP SAP qualifié SecNumCloud, qui repousse à plus de deux ans l’accès à un système répondant aux exigences les plus strictes de sécurité européenne. Cette échéance contraint les DSI à opérer des arbitrages complexes entre le choix d’un cloud souverain, la maîtrise des coûts et la conformité réglementaire. Les secteurs sensibles, notamment ceux liés aux données stratégiques, sont particulièrement attentifs à cette évolution.
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Les motivations clés des DSI à privilégier la souveraineté
- Protection réglementaire : la législation européenne exige une maîtrise accrue des données sensibles, à laquelle répond le label SecNumCloud.
- Contexte géopolitique : les tensions internationales renforcent la nécessité d’une infrastructure IT indépendante des lois extraterritoriales, telles que le Cloud Act américain.
- Confiance métier : les directions métiers demandent des garanties sur la sécurité et la continuité des applications SAP au service de leur activité.
- Innovation maîtrisée : la souveraineté ne doit pas entraver l’accès aux apports de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies intégrées au système d’information.
La stratégie SAP face aux exigences de souveraineté numérique
Jusqu’à récemment, SAP privilégiait les partenariats avec de grands hyperscalers américains sans distinction pays par pays. Pourtant, l’insécurité juridique imposée par des lois extraterritoriales a conduit à un tournant stratégique à partir de la seconde moitié de 2025. L’éditeur investit désormais dans une offre de cloud souverain européen, avec un engagement de 20 milliards d’euros d’ici 2035.
Un exemple concret est le partenariat avec Mistral AI, projet franco-allemand dévoilé lors du sommet sur la souveraineté numérique de Berlin. Cette collaboration vise à créer un ERP souverain enrichi par l’intelligence artificielle, qui respecte pleinement les cadres juridiques européens. Cette initiative illustre la volonté de SAP de reprendre la main sur sa stack technologique, tout en assurant une conformité renforcée.
Les offres actuelles de SAP reposent sur des datacenters localisés exclusivement en Europe, mais elles ne satisfont pas encore intégralement aux exigences du label SecNumCloud, particulièrement cruciales pour les secteurs critiques. Le cadre réglementaire européen, incluant le règlement Data Act et la gouvernance ANSSI-DINUM, structure progressivement ces exigences de protection renforcée.
Différences entre offres cloud standard et cloud souverain
| Critères | Offres hyperscalers classiques | Cloud souverain (SecNumCloud) |
|---|---|---|
| Localisation des données | Europe, US, global | Exclusivement datacenters européens |
| Cadre juridique | Soumis au Cloud Act US | Protection par le droit européen strict |
| Certifications | Standard ISO, normes industrielles | Label SecNumCloud, conformité ANSSI |
| Coût | Moins élevé, architectures standardisées | Plus élevé, architectures spécifiques |
| Flexibilité opérationnelle | Haute, mais dépendances externes | Prise de contrôle renforcée, choix maîtrisés |
Arbitrages concrets pour les PME et ETI dans leur stratégie informatique
Pour les entreprises de taille moyenne, la migration vers un cloud souverain pose des questions multiples dépassant le simple cadre technique. Les DSI doivent évaluer la sensibilité des données traitées et leur impact potentiel en cas d’accès illégal. Classifier ces données s’impose pour définir clairement celles nécessitant le label SecNumCloud.
En partenariat avec Capgemini, plusieurs cas démontrent que l’adoption d’environnements souverains facilite la transformation digitale sans compromettre la rapidité ni l’innovation. La gestion sécurisée des données et des infrastructures améliore aussi l’adoption éclairée de l’intelligence artificielle, un levier clé pour rester compétitif, notamment dans les secteurs réglementés comme la santé ou l’industrie.
Approche pragmatique pour les DSI
- Commencer par une classification précise des données entre sensibles et non-sensibles.
- Privilégier une approche hybride combinant cloud souverain pour les données critiques et cloud européen standard pour les autres.
- Imposer des clauses contractuelles strictes, incluant réversibilité et protection contre les interférences juridiques étrangères.
- Préparer l’organisation à gérer une multi-clouds stratégie, réduisant les dépendances.
- Suivre de près les évolutions des offres SAP pour anticiper la maturité du cloud SecNumCloud.
Préparer son infrastructure IT à la souveraineté numérique SAP d’ici 2028
Le chemin vers une souveraineté totale ne s’active pas du jour au lendemain. En 2026, reporter l’adoption d’un ERP qualifié SecNumCloud à 2028 serait un risque pour les DSI impétrants une migration immédiate. Les propositions actuelles de SAP, bien qu’imparfaites, offrent déjà une meilleure gestion des risques juridiques que les solutions non-européennes.
Nous recommandons d’engager une démarche progressive et proactive :
- Évaluer systématiquement la criticité des données dans la gestion SAP,
- Signer des contrats rigoureux avec exigences de souveraineté,
- Se familiariser avec des partenaires locaux ou européens,
- Evaluer les options de cloud hybride pour ne pas freiner la transformation digitale.
Cette démarche permet aux DSI d’asseoir une résilience opérationnelle, accentuant la capacité à adapter leur stratégie informatique face aux enjeux géopolitiques et aux mutations rapides du marché.
Pour en savoir plus sur les dynamiques des entreprises innovantes face aux enjeux actuels, vous pouvez consulter notre article sur les licornes françaises en 2026, qui illustre la nécessité d’une adaptation constante dans un monde numérique souverain.
